La France peut-elle remporter le Tournoi des 6 Nations ?

2 victoires, 1 défaite, un classement honorable virtuellement déjà assuré. Un bon début au tournoi des 6 nations. Les esprits goguenards noteront qu’en 3 matchs, le bilan de Guy Novès est déjà meilleur que celui de son prédécesseur à la tête du XV de France (40% de victoires dans le Tournoi sur l’ensemble du mandat, principalement contre l’Italie et l’Ecosse, une 4e place finale jamais quittée, sauf pour une honteuse 6e place en 2012). Alors les amateurs de ballons ovales, de stades mythiques et de calembours gras de Matthieu Lartot se prennent à rêver à l’improbable, l’inespéré tant cette équipe semble revenir de loin : remporter un Tournoi.

La France n’a pas gagné le Tournoi depuis 2010, année de Grand Chelem, qui a été suivi par 4 ans de disette sous le mandat de Philippe Saint André. Alors peut-t-on légitimement espérer une victoire d’entrée de jeu pour ce XV rajeuni ?

 

UN COUP D’ŒIL SUR LE CALENDRIER du tournoi des 6 nations

Pour une année de reconstruction, l’équipe de France bénéficiait d’un calendrier très favorable, dû au système « 1 adversaire/1rencontre » : déplacement à Cardiff et Edimbourg et réception de l’Italie, l’Irlande et l’Angleterre. Soit 2 gros morceaux à domicile et 1 déplacement plus abordable (Ecosse). Remplacez l’Ecosse par le Pays de Galles et vous obtenez la configuration idéale.

Côté enchainement, le calendrier est également très clément avec le XV de France cette année avec une mise en bouche contre l’Italie, une montée en gamme contre l’Irlande, un match charnière au Pays de Galles et une semaine abordable en Ecosse avant une possible finale à la maison contre l’ennemi héréditaire : l’Angleterre, j’ai nommé le « Crunch ».

Si les Bleus ont trébuché sur l’obstacle gallois samedi dernier, il reste tout à fait envisageable de s’offrir une finale à domicile contre l’Angleterre en battant les Ecossais dans leur antre de Murrayfield.

 

Le rugby reste un sport ou l’on est, heureusement, encore loin de la culture de l’indulgence

 

LES FORCES EN PRESENCE LORS DU TOURNOI DES 6 NATIONS

Les Gallois qui viennent de battre les Bleus représentent un prétendant très sérieux pour décrocher un 4e trophée sous les ordres de Warren Gatland. Même si le Grand Chelem est d’ores et déjà écarté (la faute à un match nul concédé en Irlande), les hommes de Sam Warburton peuvent toujours espérer remporter le Tournoi même en perdant la semaine prochaine en Angleterre.

Seul bémol : le déplacement à Twickenham. Les Anglais n’ont certainement pas oublié que ces même Gallois les ont éliminés, en phase de poules de « leur » Coupe du Monde, il y a quelques mois, ici même, à Twickenham. De quoi prévoir du mercurochrome pour samedi prochain…

Probabilité : 30%, les Gallois, comme à leur habitude, tournent à 110% dans ce Tournoi des 6 Nations.

Les Anglais sont partis forts, très forts : victoire en Ecosse (9-15), étrillage en règle de l’Italie (9-40), correction de l’Irlande (21-10), les « rosbifs » sont les actuels 1er du Tournoi…

Le bémol : Premiers certes, mais en aillant bénéficié d’un calendrier favorable dès le début (déplacements en Italie et Ecosse). La 2e partie s’annonce autrement plus corsée avec deux confrontations contre leurs rivaux sur cette compétition : Pays de Galles et France. Pis : le XV de la Rose jouera en fait deux finales virtuelles d’affilée : contre les Gallois qui espèrent ainsi pouvoir se repaitre tranquillement de l’Italie dans la foulée puis contre les Français, qui après un week-end révélateur en Ecosse, viendront jouer leur va-tout.

Probabilité : 30%

Les Irlandais quant à eux se sont fait surprendre dans leur antre par les Gallois en 1re journée, ont été battus par les Français en 2e journée, puis étrillés par les Anglais (21-10) en 3e journée. Surprenant pour une équipe qui, comme le Pays de Galles, a fait du Tournoi et de son équipe nationale sa priorité.

Comment expliquer ce faux départ ?

Difficile à dire, mais il apparait clair qu’à l’inverse du XV de France, l’Irlande éponge cette année un calendrier exécrable : déplacement en France et en Angleterre, réception de l’Italie et de l’Ecosse en clôture…

Probabilité : 0% Triste à dire, mais le Tournoi ce jouera cette année entre la France, l’Angleterre et le Pays de Galles.

Ecossais et Italiens vont encore figure de faire-valoir dans ce Tournoi 2016, les Ecossais ont connu leur première victoire dans le Tournoi de l’ère Vern Cotter contre… L’Italie. L’Italie, victime expiatoire qui est même passée derrière la Géorgie (qui évolue pourtant en Tournoi B) au classement international « World Rugby », de quoi remettre en cause sa participation au Tournoi…

Probabilité : Ecosse, 0%, désolé… Italie : -20%

Au fait envie d’un peu d’histoire sur le tournoi ?

 

Le sport vous fatigue ? une réflexion sur la biographie de George Orwell ?

 

Et nous dans tout ça ?

La France de son côté, se reconstruit sur la base de sa jeunesse sous l’impulsion de Guy Novès. Ce sont ainsi de nombreux novices qui ont rejoint le Groupe France (Danty, Chat, Bezy, Camara, Jedrasiak, Poirot, Goujon, Pelo, Bonneval, Vakatawa, Gourdon, O’connor, Camara), sans compter les exclus de PSA (Trinh-Duc). Clairement, Novès tente d’avantage de construire un groupe. Et ça marche, les joueurs semble adhérer et reprendre du plaisir à lancer du jeu, mot prohibé sous PSA au profit de « wattbike ». Ce qui promet un sacré tournoi des 6 nations.

Après une victoire dans la douleur contre l’Italie en ouverture et une victoire conjuratrice contre l’Irlande, les Bleus ont connu leur premier écueil de jeunesse contre le Pays de Galles à Cardiff… Un mal pour un bien finalement ? C’est possible. C’est dans la douleur qu’on apprend, et le nouveau staff a clairement choisi de lancer les jeunes dans le grand bain pour qu’ils y apprennent (au contraire de Philippe Saint André, qui avait choisi de gaspiller un Tournoi en offrant un tour de gala à la Vieille Garde constituée de Barcella, Poux, Servat, Nallet, Bonnaire et autres finalistes de l’année précédente). Si elle continue à nous montrer de belles choses face à l’Ecosse, l’Equipe de France pourrait s’offrir au passage un billet pour une finale lors du Crunch le week-end suivant… A partir de là, tout reste possible.

 

Prenez soin de vous, regardez du rugby,

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